Jemontre mes yeux! Je mets mes mains en lâair! Je mets mes mains derriĂšre! Je cache mon nez! Je montre mon nez! etc. Petit escargot Petit escargot Porte sur son dos Sa maisonnette AussitĂŽt qu'il pleut Il est tout heureux Il sort sa tĂȘte ! La petite fourmi Une petite fourmi Mâa piquĂ© la main La coquine, la coquine Une petite fourmi Mâa piquĂ© la main La coquine, elle avait faim
Jeme cache de mes ombres, courir dans mes rĂȘves I know that you are watching, you're right there watching Je sais que vous regardez, vous avez raison lĂ Ă regarder me moi I need a taste of freedom, I need some room to breathe Je besoin d'un goĂ»t de la libertĂ©, j'ai besoin d'espace pour respirer But I know that you are watching, you're
23aoĂ»t 2017 - đ DĂ©couvrez "Je cache mes yeux", une chanson idĂ©ale pour amuser bĂ©bĂ© ou Ă©veiller vos petits!đ” Plus de chants et berceuses avec paroles pour l'Ă©veil des enf
Jet'en prie ne pars pas, j'en mourais ! » dit-elle d'une voix cassĂ©e, s'aggripant aux Ă©paules de Berlioz comme si elle allait tombĂ©. « Et bien, moi, je ne t'aime pas. Je te dĂ©teste, je te hais, je tâabhorre au plus haut point. Avec tout ce que tu m'as fait endurer, ceque tu m'as fais faire, ce que tu m'as fais vivre.
VousĂȘtes ici : Accueil 1 / JE LEVE LES YEUX VERS LES MONTS â GELINEAU â SAMSON. Bienvenue sur la page dâapprentissage du chant JE LEVE LES YEUX VERS LES MONTS! DĂ©couvrir Celebratio. Partition & enregistrements : Paroles. Informations.
Paroleschansons enfants: Jeux loisirs enfants: Partenaires . Chanson pour se taire: comptines pour bébé. Chanson pour se taire Je cache mes yeux Je montre mes yeux Je mets mes mains en l'air! Je cache mes yeux je montre mes yeux Je mets mes mains derriÚre mon dos, Sans dire un mot! Chut. Vidéo recommandée par un internaute (si disponible) Texte lu 16814
ï»żMachĂ©rie d'amoure tu me manque tellement :'( :$ V oila 5jours qu e tu es parties loin de moi ma puce et je n'e n peux deja plu s :'( Pourtant il re ste 10jour s encore a teni r donc en gro s je suis meme p as a la moitiĂ© de mes souffran ces :'( :'( Alo rs oui je suis parti aussi mai nten ant cest a ton tour voila mais moi je n' arrive pas a TU ME MANQUES TELLEMENT GIF
Jem'en sortirai pas Lyrics: Je m'en sortirai pas, pris dans une tornade de haine / J'ai l'impression d'voir que mes défauts / Il est 5 heures du mat / J'ai fait 4 fois l'tour de ma chambre
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Les deux rails qui nous permettent d'avancer sont nos priĂšres dirigĂ©es vers le trĂŽne de Dieu et notre mĂ©ditation de la Parole de Dieu. Certains d'entre vous se souviennent peut-ĂȘtre de la seconde page de notre dĂ©claration de mission, The Spiritual Dynamic. » Il y est dit Nous nous joignons Ă notre PĂšre pour magnifier la suprĂ©matie de sa gloire au travers de notre Seigneur JĂ©sus-Christ, par la puissance du Saint Esprit, et nous considĂ©rons comme un trĂ©sor tout ce que Dieu est et tous ceux qu'il aime. Nous prions pour que tous ses objectifs s'accomplissent, nous mĂ©ditons toute sa Parole et nous sommes soutenus par toute sa grĂące. » Prier devant le trĂŽne de Dieu et mĂ©diter la Parole de Dieu sont comme des rails parallĂšles qui permettent au train de notre Ăąme de rester sur le bon chemin conduisant Ă la saintetĂ© et au ciel. Nous devons renouveler notre zĂšle pour la priĂšre et pour la mĂ©ditation de la Bible dĂšs le dĂ©but de l'annĂ©e. Tout devient vieux, usĂ© et perd de sa force, sans rĂ©veil, renouvellement et restauration. C'est pourquoi, pendant la semaine de priĂšre, chaque annĂ©e nous fixons notre attention sur ces deux grands principes prĂ©cieux afin de raviver notre passion pour la priĂšre et la Parole. Trois choses Ă apprendre dans le Psaume 119 18 Cette annĂ©e, les deux messages avant et aprĂšs la semaine de priĂšre sont tirĂ©s du Psaume 119 verset 18 Ouvre mes yeux, pour que je contemple les merveilles de ta loi! » Ce verset parle Ă la fois de la priĂšre et de la Parole de Dieu, et nous devons discerner comment nous pouvons les combiner dans notre vie et dans notre Ă©glise. Nous apprenons trois choses dans ce verset. PremiĂšrement, nous pouvons dĂ©couvrir des choses merveilleuses dans la Parole de Dieu. Ouvre mes yeux, pour que je contemple les merveilles de ta loi! » Le mot loi » est la Torah et signifie instruction », ou enseignement » dans ce psaume. Il y a des merveilles dans l'enseignement que Dieu nous donne. En fait, elles sont si merveilleuses que lorsqu'on les voit, elles nous transforment profondĂ©ment et renforcent notre aptitude Ă la saintetĂ©, Ă l'amour et Ă la mission 2 Corinthiens 3 18. C'est pourquoi lire, connaĂźtre la Parole de Dieu et la mĂ©diter sont si cruciaux. La seconde chose que nous apprenons dans ce verset est que personne ne peut voir ces choses merveilleuses sans l'aide surnaturelle de Dieu. Ouvre mes yeux, pour que je contemple les merveilles de ta loi! » Si Dieu n'ouvre pas nos yeux, nous ne voyons pas les merveilles de sa Parole. Nous n'avons pas les capacitĂ©s naturelles de voir la beautĂ© spirituelle. Lorsque nous lisons la Bible sans l'aide de Dieu, la gloire de Dieu prĂ©sente dans ses enseignements et les Ă©vĂ©nements citĂ©s dans la Bible sont comme le soleil qui brille devant les yeux d'un aveugle. Cela ne signifie pas que vous ne pouvez pas en analyser le contenu, mais vous ne pouvez pas voir la merveille, la beautĂ©, la gloire qui y est prĂ©sente et qui peut combler votre cĆur. Ceci nous amĂšne Ă la troisiĂšme chose que nous apprenons dans ce verset, c'est-Ă -dire, que nous devons nous adresser Ă Dieu pour lui demander une rĂ©vĂ©lation surnaturelle lorsque nous lisons la Bible. Ouvre mes yeux, pour que je contemple les merveilles de ta loi! » Car nous sommes incapables de voir par nous-mĂȘmes la beautĂ© spirituelle et les merveilles de Dieu dans les enseignements et les Ă©vĂ©nements de la Bible sans que Dieu ne nous donne gracieusement sa rĂ©vĂ©lation, et nous devons la lui demander. Ouvre mes yeux. Une vĂ©ritĂ© en trois Ă©tapes La semaine prochaine, j'ai l'intention de parler des choses merveilleuses que l'on peut trouver dans la Parole de Dieu et comment nous pouvons pratiquement les intĂ©grer dans notre pensĂ©e et dans notre cĆur. Mais aujourd'hui je vais me concentrer sur la priĂšre. Je veux que nous voyions cette vĂ©ritĂ© profonde en trois Ă©tapes la Parole de Dieu est cruciale pour vivre selon la volontĂ© de Dieu qui nous conduit au ciel et qui a de la puissance et du sens sur la terre. C'est pourquoi nous devons prier tous les jours pour que Dieu accomplisse ce qu'il doit accomplir afin que nous recevions les merveilles de sa Parole dans notre cĆur et dans notre vie. Voyons ces Ă©tapes une par une et comment elles sont confirmĂ©es et illustrĂ©es dans d'autres passages de la Bible. 1. La Parole est cruciale pour vivre dans la saintetĂ© Le premier point nous montre que regarder la Parole de Dieu, la connaĂźtre et la possĂ©der en nous est crucial. Cela nous permet de vivre dans la saintetĂ©, dans l'amour et avec puissance afin que les objectifs de Dieu s'accomplissent. Regardez au verset 11 Je serre ta promesse dans mon cĆur, afin de ne pas pĂ©cher contre toi. » Comment pouvons-nous Ă©viter de pĂ©cher ? En serrant la Parole de Dieu dans notre cĆur. Combien de personnes font des dĂ©gĂąts dans leur vie parce qu'elles ne mĂ©ditent pas, elles n'aiment pas et ne mĂ©morisent pas la Parole de Dieu ! Voulez-vous ĂȘtre saints ? C'est-Ă -dire, est-ce que vous voulez possĂ©der la force de surmonter le pĂ©chĂ© et de vivre une vie de saintetĂ© radicale, un amour qui se sacrifie et un dĂ©vouement sans bornes pour la cause de Christ ? Alors, mettez-vous sur les rails. Dieu a mis en place un chemin vers la saintetĂ© et la puissance il consiste Ă serrer la Bible dans votre cĆur. Je dis cela pour les anciens et je le dis aussi pour les parents des jeunes. MĂ©ditez, mĂ©morisez et chĂ©rissez les commandements, les avertissements et les promesses de Dieu dans les Ecritures. Non, je ne dis pas que c'est facile, surtout lorsqu'on est ĂągĂ©, mais la plupart des choses qui en valent la peine ne sont pas faciles Ă accomplir. Fabriquer un beau meuble, Ă©crire un bon poĂšme ou composer un beau morceau de musique, prĂ©parer un bon repas de fĂȘte, rien de tout cela n'est facile. Mais toutes ces choses valent la peine d'ĂȘtre accomplies. Une bonne qualitĂ© de vie ne vaut-elle pas la peine d'ĂȘtre vĂ©cue ? Talitha a maintenant deux ans. Elle commence Ă apprendre des versets bibliques par cĆur. Elle apprend aussi diffĂ©rentes formes de priĂšre. Pourquoi ? Pour quelle raison prendre la peine et le temps de rĂ©pĂ©ter encore et encore un verset, pour qu'elle l'apprenne ? La rĂ©ponse est simple lorsqu'elle sera adolescente, je dĂ©sire qu'elle vive selon la volontĂ© de Dieu, de façon pure et sainte, aimante et humble, agrĂ©able, soumise et sage. La Bible dit que cela vient en serrant la Parole de Dieu dans son cĆur, et c'est aussi simple que le jour. Je serre ta promesse dans mon cĆur, afin de ne pas pĂ©cher contre toi. » Voici ce que dit JĂ©sus dans sa grande priĂšre pour nous dans Jean 17 17 Sanctifie-les par la vĂ©ritĂ© ta parole est la vĂ©ritĂ©. » Sanctifier » est un terme biblique qui signifie rendre une personne sainte, ou selon la volontĂ© de Dieu ou aimante, vertueuse ou sage spirituellement. C'est ce que je veux pour moi-mĂȘme et pour mes enfants, et pour vous aussi. Alors que devons-nous faire cette annĂ©e ? Si nous sommes sanctifiĂ©s par la vĂ©ritĂ©, et la Parole de Dieu Ă©tant la vĂ©ritĂ©, que devons-nous faire ? Si un mĂ©decin dit vous ĂȘtes trĂšs malade et vous allez mourir de cette maladie, mais si vous prenez ce mĂ©dicament, vous guĂ©rirez et vous vivrez, » si vous nĂ©gligez de prendre ce mĂ©dicament, parce que vous ĂȘtes trop occupĂ© ou les comprimĂ©s sont trop gros et difficiles Ă avaler, ou simplement parce que vous oubliez de les prendre, vous risquez de mourir de cette maladie. C'est ce qui arrive avec notre pĂ©chĂ© et notre immaturitĂ© spirituelle. Si vous nĂ©gligez de faire ce que Dieu vous demande pour vous sanctifier, vous faire mĂ»rir, devenir fort et saint, alors vous ne serez pas mĂ»r et ne deviendrez pas fort et saint. Lire, mĂ©diter, mĂ©moriser et chĂ©rir la Parole de Dieu est le moyen que Dieu nous donne pour surmonter le pĂ©chĂ© et devenir forts, saints, mĂ»rs, aimants et sages. Vous avez des choses merveilleuses Ă dĂ©couvrir dans la Parole de Dieu qui vous transformeront profondĂ©ment si vous les saisissez et si vous les serrez dans votre cĆur. 2. Nous ne pouvons voir sans l'aide de Dieu Le deuxiĂšme point soulevĂ© par ce texte est que nous ne pouvons pas voir les merveilles de la Parole de Dieu telles qu'elles sont sans l'aide surnaturelle de Dieu. Nous sommes corrompus par la chute, c'est-Ă -dire le pĂ©chĂ© originel, c'est la raison pour laquelle nous sommes condamnĂ©s Ă mort par le pĂ©chĂ© et donc aveugles, ignorants et endurcis. Paul nous a dĂ©crits ainsi dans EphĂ©siens 4 18 nous avons la pensĂ©e obscurcie, [nous sommes] Ă©trangers Ă la vie de Dieu, Ă cause de l'ignorance qui est en [nous] et de l'endurcissement de [notre] cĆur. » Voici ce que MoĂŻse a dit de cette situation dans DeutĂ©ronome 29 2-4 Vous avez vu tout ce que l'Ăternel a fait sous vos yeux, dans le pays d'ĂgypteĂĂÂȘ les grandes Ă©preuves que tes yeux ont vues, ces signes et ces grands prodiges [les merveilles]. Mais jusqu'Ă ce jour, L'ĂTERNEL ne vous a pas donnĂ© un cĆur pour connaĂźtre, des yeux pour voir, des oreilles pour entendre. » Remarquez qu'il dit vous avez vuĂĂÂȘ mais vous ne pouvez pas voir sans l'aide surnaturelle de Dieu. C'est notre problĂšme. Nous sommes coupables, corrompus, endurcis, ignorants et aveugles, sans l'Ćuvre de Dieu qui nous rĂ©veille, qui nous vivifie, qui nous adoucit, qui nous rend humbles, nous purifie, et nous Ă©claire. Nous ne verrons jamais les merveilles et la gloire de ce que la Parole veut nous enseigner si Dieu n'ouvre pas les yeux de notre cĆur et ne nous donne pas une vision spirituelle de ces choses. Le but de cet enseignement est de savoir cela pour nous donner soif de Dieu et afin que nous nous mettions Ă plaider et Ă crier Ă Lui, pour recevoir son aide dans la lecture de la Bible. Voir aussi les passages suivants Matthieu 16 17 avec 11 4 ; et Luc 24 45 ; 1 Corinthiens 2 14-16 ; Jean 3 6-8 ; Romains 8 5-8. 3. Nous avons besoin de prier pour que Dieu nous ouvre les yeux Ceci nous amĂšne au dernier point si connaĂźtre et chĂ©rir la vĂ©ritĂ© de la Parole de Dieu est crucial pour devenir saint, aimant, mĂ»r et attachĂ© aux choses cĂ©lestes, et si par nature nous ne pouvons pas voir les merveilles de Dieu et nous laisser attirer par sa gloire, alors nous sommes dans une situation dĂ©sespĂ©rĂ©e et nous avons besoin de prier pour que Dieu nous ouvre les yeux. Ouvre mes yeux, pour que je contemple les merveilles de ta loi! » En d'autres termes, la priĂšre est essentielle Ă notre vie chrĂ©tienne, car elle est la clĂ© qui nous permet de libĂ©rer la puissance de la Parole dans notre vie. La gloire de la Parole est comme le soleil qui brille devant le visage d'un aveugle, Ă moins que Dieu ne lui ouvre les yeux pour qu'il voie sa gloire. Et si nous ne voyons pas la gloire, nous ne changerons pas 2 Corinthiens 318; Jean 1717, et si nous ne changeons pas, nous ne sommes pas chrĂ©tiens. Dans EphĂ©siens 1 18, voici comment Paul prie qu'il illumine les yeux de votre cĆur, afin que vous sachiez quelle est l'espĂ©rance qui s'attache Ă son appelĂĂÂȘ » Autrement dit je vous ai enseignĂ© ces choses et vous les avez reçues avec vos sens extĂ©rieurs, mais Ă moins que vous ne perceviez leur gloire par vos sens spirituels les yeux de votre cĆur » vous ne serez pas transformĂ©s. Voir aussi EphĂ©siens 3 14-19 ; Colossiens 1 9 avec 3 16. Il Ă©crit ici Ă des chrĂ©tiens, ce qui montre que nous devons continuer Ă prier jusqu'Ă ce que nous arrivions au ciel pour que Dieu nous donne des yeux spirituels. Sept types de priĂšres pour alimenter notre lecture biblique Puisque notre texte est le Psaume 119 18 Ouvre mes yeux, pour que je contemple les merveilles de ta loi », nous devrions laisser le psalmiste nous montrer comment il prie plus gĂ©nĂ©ralement pour sa lecture de la Parole de Dieu. Je terminerai donc par un survol du Psaume 119, et je vais vous montrer sept types de priĂšres avec lesquelles vous pouvez alimenter votre lecture biblique cette annĂ©e. Nous devrions prierĂĂÂȘ Que Dieu nous enseigne sa Parole. Psaume 119 12b, Enseigne-moi tes prescriptions! » Voir aussi les versets 33, 64b, 66, 68b, 135. Nous apprendrons vraiment Ă connaĂźtre la Parole de Dieu si Dieu lui-mĂȘme nous enseigne par tous les moyens possibles. Que Dieu ne nous cache pas sa Parole. Paume 119 19b Ne me cache pas tes commandements. » La Bible nous avertit du terrible chĂątiment ou jugement de la Parole de Dieu qui peut nous ĂȘtre enlevĂ©e Amos 8 11. Voir aussi au verset 43. Que Dieu nous fasse comprendre sa Parole. Psaume 119 27 Fais-moi comprendre la voie de tes statuts » versets 34,73b, 144b 169. Ici nous demandons Ă Dieu d'agir en sorte que nous puissions comprendre tout ce qu'il entreprend pour que sa Parole devienne comprĂ©hensible pour nous. Que Dieu donne Ă notre cĆur un penchant pour sa Parole. Paume 119 36 Incline mon cĆur vers tes prĂ©ceptes et non vers le gain [malhonnĂȘte]! » Notre premier grand problĂšme n'est pas notre raison, mais notre volontĂ©. Nous ne sommes pas enclins par nature Ă lire, mĂ©diter et mĂ©moriser la Parole. Nous devons donc prier pour que Dieu incline notre volontĂ©. Que Dieu nous donne la vie pour que nous gardions sa Parole. Psaume 119 88 Fais-moi vivre selon ta bienveillance, afin que j'observe les prĂ©ceptes de ta bouche! » Le psalmiste est conscient que nous avons besoin de vie et d'Ă©nergie pour nous adonner Ă la Parole et lui obĂ©ir. Il demande donc cela Ă Dieu. voir aussi le verset 154b Que Dieu affermisse nos pas dans sa Parole. Psaume 119 133 Affermis mes pas dans ta promesse et ne laisse aucune injustice dominer sur moi! » Nous sommes tous dĂ©pendants de Dieu, non seulement pour notre comprĂ©hension et pour rester vivants, mais pour appliquer la Parole, pour qu'elle soit Ă©tablie dans notre vie. Nous ne pouvons faire cela par nous-mĂȘmes. Que Dieu vienne nous chercher quand nous nous Ă©loignons de sa Parole. Le Psaume 119 176 dit Je suis errant comme une brebis perdue cherche ton serviteur! » Remarquons que cet homme de Dieu termine son psaume par une confession de pĂ©chĂ© et de son besoin que Dieu vienne le chercher pour le ramener. Nous devons aussi prier de cette façon encore et encore. La Parole, notre trĂ©sor Je conclus qu'en entrant dans cette nouvelle annĂ©e, si nous avons envie de devenir de plus en plus saints et radicalement engagĂ©s pour que les buts de Dieu s'accomplissent dans la ville et dans les nations, nous devons serrer la Parole dans nos cĆurs, mais plus encore nous devons ĂȘtre conscients de notre misĂ©rable condition, le fait que nous sommes loin de Dieu. Il a prĂ©vu la priĂšre pour ouvrir nos yeux afin que nous puissions voir les merveilles de sa Parole et que nous soyons transformĂ©s. Ouvre mes yeux, pour que je contemple les merveilles de ta loi! » Le Psalmiste Ă©tait-il honnĂȘte dans ses diffĂ©rentes priĂšres ? Est-ce que nous le sommes aussi ? Une rĂ©ponse nous est donnĂ©e dans Psaume 119 147 Je devance l'aurore et je crie je m'attends Ă ta parole. » Il se lĂšve tĂŽt ! C'est sa prioritĂ©. Pourrait-elle le devenir pour vous aussi ? John Piper{loadposition face} Recevez gratuitement notre livre numĂ©rique "10 clĂ©s qui vous aideront Ă adorer Dieu dans votre quotidien" Comment mettre Dieu au cĆur de sa vie, le Seigneur cherche des personnes qui lâadorent en esprit et en vĂ©ritĂ©. Ce livre aborde des thĂšmes comme la priĂšre, la louange, les relations, le pardon, la foi... Cet ebook vous encouragera Ă aller plus loin avec Dieu. Votre adresse email sera uniquement utilisĂ©e par RevâImpact pour vous envoyer votre newsletter. Vous pouvez vous dĂ©sinscrire Ă tout moment en utilisant le lien de dĂ©sabonnement intĂ©grĂ© dans la newsletter. Pour en savoir plus et exercer vos droits, prenez connaissance de notre Charte de confidentialitĂ©. Auteur John Piper John Stephen Piper nĂ© le 11 janvier 1946 Ă Chattanooga dans le Tennessee est un pasteur baptiste rĂ©formĂ©, un auteur, et un thĂ©ologien. Il a servi comme pasteur principal Ă l'Ă©glise baptiste Bethlehem Ă Minneapolis dans le Minnesota pendant trente-trois ans. Il dirige l'organisation Ă©vangĂ©lique Desiring God, dont le nom provient de son ouvrage "Desiring God Meditations of a Christian Hedonist 1986". Passez sur autre article Newsletter Inscrivez-vous Ă notre newsletter pour recevoir les derniĂšres nouvelles. NouveautĂ©s Aujourd'hui RĂ©cents Populaires Advertise
En tant que fille, en tant que femme, en tant que mĂšre de deux filles, que des femmes aient honte d'une partie de leur corps, ça me rĂ©volte. VladimirFLoyd via Getty Images Ce jour oĂč j'ai montrĂ© ouvertement mes jambes non rasĂ©es pour que la sociĂ©tĂ© change de regard sur nos poils. VladimirFLoyd via Getty Images C'est Ă©crit dans mon contrat de travail, je dois avoir une tenue irrĂ©prochable, un maquillage maĂźtrisĂ© et une coiffure impeccable. Chaque jour mes supĂ©rieurs hiĂ©rarchiques me scrutent de la tĂȘte aux pieds pour s'assurer que mon apparence correspond aux standards imposĂ©s par mon mĂ©tier. En soi, ça ne me dĂ©range pas. J'ai lu mon contrat de travail avant de le signer. Et pourtant je ne me gĂšne pas pour arriver parfois sans maquillage, ou avec le cheveu fou. Parce que merde, j'ai pas le temps. Je ne "fais" jamais mes ongles, non plus. Je ne suis pas douĂ©e pour ce genre d'activitĂ© minutieuse, et je porte les miens trĂšs courts pour ne pas ĂȘtre tentĂ©e de les ronger. Dans l'ensemble, mes collĂšgues reconnaissent facilement mon cĂŽtĂ© "nature peinture", et c'est trĂšs bien comme ça. Mais l'autre jour je crois que malgrĂ© moi, j'ai franchi un cap Je suis arrivĂ©e sans collants chose rare. Jambes Ă poil, donc. Enfin, plus prĂ©cisĂ©ment Je suis arrivĂ©e jambes Ă poilS. Une chemise cintrĂ©e, rentrĂ©e dans ma jupe crayon, des escarpins Ă bride, et entre les deux mes poils de jambes fiĂšrement alignĂ©s. Que n'ai-je pas fait lĂ . Fort heureusement, n'ai eu Ă supporter aucune remarque dĂ©sobligeante de la part de mes collĂšgues, qui sont des femmes intelligentes population mixte au sein de l'entreprise mais majoritairement fĂ©minine dans mon service. En revanche, beaucoup de regards Ă©tonnĂ©s, voire mĂ©dusĂ©s. Genre, j'avais l'impression d'ĂȘtre un peu XĂ©na la guerriĂšre, genre c'est Ă©crit lesbienne fĂ©ministe sur ma tronche, genre putain la meuf elle a osĂ© quoi. Bref. Et moi dans tout ça, je ne suis ni Ă©nervĂ©e ni surprise. Juste amusĂ©e. Parce que nom d'un canard mouillĂ© Ă trois pattes cassĂ©es, OUI j'ai osĂ© montrer ma toison au bureau, dans un milieu professionnel rĂ©putĂ© pour possĂ©der des codes parmi les plus stricts en la matiĂšre. Enfin quand je dis "toison", j'exagĂšre. A l'instar de mes bras, mes jambes sont recouvertes de poils blonds indĂ©tectables de loin. Ils sont quand mĂȘme un peu plus bruns sur la ligne du tibia, mais relativement clairsemĂ©s dans l'ensemble. Facile, petite joueuse, tu vas me dire. Mais honnĂȘtement, j'aurais eu la touffe de Michael Jackson sur les pattes que ça n'aurait pas changĂ© mon attitude d'un iota. Je te rappelle que je ne me suis JAMAIS rasĂ© les jambes, et que les injonctions sociales sur la pilositĂ© du corps des femmes existent depuis belle lurette. Autrement dit, ça fait longtemps que j'assume ma position face aux autres. En fait non, je ne l'assume pas, comme dirait la splendide StĂ©phanie Zwicky je l'accepte. Parce que je n'ai rien fait de mal, rien de rĂ©prĂ©hensible Ă assumer. Juste un Ă©tat de fait Ă accepter. Et ça me casse les trompes de Fallope de voir encore des nĂ©nettes enfiler un pantalon par 32°C alors qu'elles crĂšvent d'envie de porter leur petite robe courte, juste parce qu'elles ont oubliĂ© de se raser. OubliĂ© de se raser, comme si c'Ă©tait un truc qu'on devait faire rĂ©guliĂšrement. Comme si on devait s'excuser de ne pas le faire. Non mais allĂŽ quoi. AllĂŽ?! T'es une meuf t'as encore des poils? Non mais quelle tristesse les gars, quelle tristesse. Alors attention, je ne suis pas "pro poils". Comment peut-on ĂȘtre pro poils ou anti poils, de toute façon? Je veux dire. Ce serait comme affirmer ĂȘtre pro ongles, ou anti ongles. C'est ridicule. En revanche, que certains prĂ©fĂšrent porter les ongles courts, ou que d'autres prĂ©fĂšrent arborer un nail art digne d'une miniature des NymphĂ©as de Monet, c'est trĂšs bien. On s'en fout, en fait. Tu fais ce que tu veux de tes cheveux de tes ongles, de tes seins, de ton cul, de tes poils, et de tes poils de cul. Mon problĂšme, ton problĂšme, LE problĂšme, c'est que certaines femmes n'osent plus montrer leurs jambes "mal rasĂ©es" pitiĂ©, elles ne sont pas mal rasĂ©es, elles sont juste au naturel Ă la plage. Et que des femmes aient honte d'une partie de leur corps, ça me rĂ©volte, ça me fait sortir l'utĂ©rus par les yeux. C'est DIFFICILE. C'est difficile d'oser juste ĂȘtre soi. Et ce constat me donne envie de chialer. En tant que fille, en tant que femme, en tant que mĂšre de deux filles. Alors je montre mes poils de jambe. Ou plutĂŽt, je ne les cache pas. Ici, dans mon fond de campagne française, au sein de mon entreprise stricte. On ne peut pas virer une personne compĂ©tente pour des poils, c'est interdit. Donc j'en fais ma petite rĂ©volution personnelle, avec le sourire. Je me raserai peut-ĂȘtre un jour, quand j'en aurai envie. Et quelle libertĂ©, de ne faire ce genre de chose QUE lorsqu'on en a envie, et pas seulement Ă cause du regard des autres et du nĂŽtre, je plus cruel lorsqu'il est biaisĂ© par les injonctions dans lesquelles on baigne... Par exemple, ma chatte. Oui je sais que tu te poses la question. N'aies pas honte mon petit. Personnellement j'aime bien savoir comment sont les personnes que je connais. Comme connaitre leur groupe sanguin ou leur deuxiĂšme prĂ©nom. Bref. Ma chatte donc. Mon pubis est un punk. Il peut arborer une fiĂšre touffe pendant deux mois, et se retrouver lisse comme un bĂ©bĂ© du jour au lendemain. Court, long, ras, la raie sur le cĂŽtĂ©, je m'en tamponne le coquillard. Je n'ai pas de prĂ©fĂ©rence. Enfin si, mais elle varie en fonction de mon humeur. Un peu comme l'envie de porter une robe ou un jean, ou de manger des tomates Ă midi. J'aime l'idĂ©e de changer, et de pouvoir m'en amuser. La notion de plaisir et d'amusement est la plus importante pour moi, en matiĂšre de poils. Sous les aisselles en revanche, je l'avoue, c'est encore compliquĂ©. Je trouve ça trĂšs chouette et harmonieux sur beaucoup de filles, mais je suis trĂšs complexĂ©e par mes bras, objectivement plutĂŽt Ă©pais par rapport Ă ma silhouette, et j'ai l'impression qu'arborer des poils sur cette zone ne ferait qu'accentuer l'attention dessus. Donc je prĂ©fĂšre mes aisselles nues, pour le moment. Et hors de question encore de cĂ©der Ă une quelconque pression, puisque l'idĂ©e c'est quand mĂȘme de se sentir bien dans ses baskets. N'est-ce pas. Enfin bon. Ma victoire prendra effet le jour oĂč mes filles devenues adultes se sentiront libres de sortir en jogging dĂ©chirĂ©, en mini-jupe lĂ©opard, avec dix tonnes de maquillage ou sans rien sur la peau, avec les cheveux bleus, sans cheveux, avec des poils, sans poils ou avec dix tonnes de poils bleus. Et sinon c'est quoi ton deuxiĂšme prĂ©nom? Ă voir Ă©galement sur Le HuffPost
Ce ne sont pas tant les condamnations lĂ©gitimes des abus sexuels et littĂ©raires de Gabriel Matzneff que les diffĂ©rents mĂ©canismes et stratĂ©gies de domination - dĂ©noncĂ©s dans cet ouvrage -, desquels dĂ©coulent ces abus eux-mĂȘmes, qui nous permettront dâĂ©tendre nos rĂ©flexions et questionnements sur la notion de consentement et, plus gĂ©nĂ©ralement, sur les effets littĂ©raires, moraux et politiques dâune telle publication. En outre, il nous importe, Ă lâinstar dâHĂ©lĂšne Merlin-Kajman, de JĂ©rĂŽme David ou des auteurs de lâarticle Lire Matzneff », moins de traiter lâaffaire en tant que telle, que de nous focaliser sur les oeuvres, La prunelle de mes yeux 1 et Le Consentement 2, desquelles nous partirons pour tenter dâĂ©claircir ce que lâon pourrait attendre aujourdâhui de la littĂ©rature. Cette affaire montre dâune part que la littĂ©rature peut ĂȘtre le lieu dâabus, oĂč lâemprise et la dĂ©possession de soi sont intimement liĂ©es Ă lâindistinction assumĂ©e entre le rĂ©cit littĂ©raire et la rĂ©alitĂ©, et dâautre part quâelle permet dâinstituer un point de vue jusque-lĂ marginalisĂ©, voire parfois refusĂ©, tout en Ă©tant le siĂšge dâune reconstruction progressive du sujet capable dâagir littĂ©rairement sur le rĂ©el. Confronter deux oeuvres Ă caractĂšre autobiographique, journal intime pour le premier, roman autobiographique pour lâautre, ne permet pas seulement de rĂ©ajuster le regard sur une relation amoureuse instrumentalisĂ©e et figĂ©e dans les livres ou les interventions tĂ©lĂ©visĂ©es dâun pĂ©docriminel, mais aussi dâĂ©valuer les effets littĂ©raires » de deux textes qui reprĂ©sentent le rĂ©el selon des modalitĂ©s diffĂ©rentes. La reprĂ©sentation des faits Ă©noncĂ©s et exposĂ©s dans le journal intime de Matzneff, au nom de leur vĂ©ritĂ© rĂ©fĂ©rentielle, et de leur sacro-sainte vĂ©ritĂ© », sâeffectue Ă travers un ethos aristocratique, misogyne et dominateur - faisant fi de cette zone de partage essentielle de la littĂ©rature -, afin de promouvoir une Ă©criture » et de dĂ©fendre littĂ©ralement la sincĂ©ritĂ© des amours transgressifs quâil partagent avec son galop dâenfer ». Le Consentement ajoute et rĂ©ajuste avec finesse les Ă©lĂ©ments essentiels, voire existentiels, niĂ©s par les oeuvres de Matzneff. Lâimportance de cette publication ne se mesure pas seulement au retentissement mĂ©diatique quâelle a pu engendrer. La littĂ©rature trouve ici la possibilitĂ© de faire en lieu et place du droit ce que la prescription des faits ne lui permet prĂ©cisĂ©ment pas de rĂ©parer. Ăcrire câ[est Ă la fois] redevenir le sujet de [sa] propre histoire » LC et intervenir littĂ©rairement sur le rĂ©el pour prendre le prĂ©dateur Ă son propre piĂšge, rendre visible lâillisible, lâinacceptable et le condamnable, tout en constituant les prĂ©misses dâun nous » dans lequel une certaine communautĂ© de lecteurs pourrait sâidentifier. Gabriel Matzneff - Vanessa Springora Ă lâinstar de Pierre Verdrager, auteur de lâouvrage Lâenfant interdit comment la pĂ©dophilie est devenue scandaleuse 3, il convient de rappeler que Gabriel Matzneff a profitĂ© et participĂ© dâune dĂ©fense de la pĂ©dophilie, courante au dĂ©but des annĂ©es soixante-dix et quatre-vingt, qui se rĂ©sume par les tentatives de collectivisation de cette cause par diffĂ©rents mouvements pĂ©dophiles. La libĂ©ration des corps, les apports de la psychanalyse, qui a permis de traiter lâenfant comme sujet susceptible dâĂ©prouver ses propres dĂ©sirs, ont pu ĂȘtre mis au service de discours promouvant la sexualitĂ© entre adultes et enfants » 4. Il sâagissait effectivement de redĂ©finir la place de lâenfant dans cette relation », notamment Ă travers une sĂ©rie de publications visant Ă lĂ©gitimer et Ă faire admettre le caractĂšre politique de leur combat » , et donc Ă rĂ©soudre la vision inĂ©galitaire de cette relation en faisant reposer leur argumentation sur une exigence de symĂ©trie visant Ă combler lâĂ©cart entre lâenfant et lâadulte ». Si ce dernier argument pouvait ĂȘtre aperçu dans certains discours ou certaines revendications dâune infime fraction de lâextrĂȘme gauche post-soixante-huitarde, il lâĂ©tait aussi du cĂŽtĂ© de lâextrĂȘme droite quâen vertu de lâapport pĂ©dagogique que pouvait apporter un adulte envers lâenfant dĂ©sirĂ© le bien-ĂȘtre de lâenfant dĂ©pendrait alors de sa capacitĂ© Ă apprendre de son pĂ©dophile » 5. De plus, la pĂ©dophilie a pu ĂȘtre dĂ©fendu au nom du combat contre le politiquement correct », et donc pour le non-conformisme », et au nom de la valorisation de la radicalitĂ© et de la singularitĂ©. Aussi, lâeuphĂ©misme construisait une majeure partie des discours propĂ©dophiles, emplis de vives critiques envers les mĂ©dias - vecteur de leur diabolisation - pour justifier leur statut de victimes ». En effet, le rejet de la pĂ©dophilie sâexpliquerait non pas parce quâelle serait intrinsĂšquement mauvaise, mais parce quâelle ferait lâobjet dâun rejet inadĂ©quat ». Ainsi, ce qui traumatise les enfants, ce ne sont pas les actes et les relations eux-mĂȘmes, mais lâattitude nĂ©gative et lâhostilitĂ© de la sociĂ©tĂ© au sujet de la pĂ©dophilie. Sa condamnation serait donc issue dâune mauvaise connaissance des relations de lâadulte avec lâenfant. Nous serions Ă©pris de fausses croyances concernant la pĂ©dophilie le pĂ©dophile est vu comme un monstre et lâenfant considĂ©rĂ© comme un ĂȘtre pur et fragile. Ce rejet de la pĂ©dophilie, en partie vĂ©hiculĂ©e par une presse, selon ses dĂ©fenseurs, assujettie aux manipulations de ses opposants un peu trop moralistes, relĂšverait Ă©galement du pathologique. En somme, les propĂ©dophiles considĂšrent la conception de la pĂ©dophilie de leurs opposants comme nâest pas nous, affirmĂšrent-ils, qui sommes malades, mais bien la sociĂ©tĂ© qui, Ă©tant victime de son imaginaire » et de son amour des mythes », est gangrenĂ©e par une Ă©pidĂ©mie dâ hystĂ©rie » qui conduit Ă la chasse » au pĂ©dophile. 6Ă notre connaissance, Gabriel Matzneff nâa pas Ă©tĂ© engagĂ© politiquement », mais littĂ©rairement pour dĂ©fendre la cause pĂ©dophile. Il nous semble important de rappeler ces quelques points de contexte dans la mesure oĂč ceux-ci sont explicitement dĂ©fendus par lâauteur Ă travers ses oeuvres, et notamment dans le journal » que nous Ă©tudierons. Aussi, il est indispensable de rappeler quâil nâest pas le seul Ă avoir eu recours Ă cette rhĂ©torique pro-pĂ©dophile, et donc que la posture singuliĂšre » quâil revendique est dans cette optique paradoxalement mise Ă mal, mais, contrairement Ă lâĂ©chec de ces diffĂ©rents mouvements, dont les propos et les actes ont Ă©tĂ© et sont condamnĂ©s par la justice, Gabriel Matzneff nâa pas Ă©tĂ© inquiĂ©tĂ© par cette derniĂšre avant la publication du Consentement de Vanessa Springora. Il faut croire que lâartiste appartient Ă une caste Ă part, quâil est un ĂȘtre aux vertus supĂ©rieures auquel nous offrons un mandat de toute-puissance, sans autre contrepartie que la production dâune oeuvre originale et subversive, une sorte dâaristocrate dĂ©tenteur de privilĂšges exceptionnels devant lequel notre jugement, dans un Ă©tat de sidĂ©ration aveugle, doit sâeffacer. [âŠ] La littĂ©rature excuse-t-elle tout ? LC, 103-104 Aujourdâhui, lâargument de la littĂ©rature comme moyen de protection et de lĂ©gitimation de telles affirmations ou revendications nâa plus les mĂȘmes effets quâauparavant. HĂ©lĂšne Merlin-Kajman soutient dans son dernier ouvrage, La littĂ©rature Ă lâheure de Metoo 7, que la littĂ©rature ne se tient pas au-delĂ du bien et du mal, et quâun texte ne doit pas Ă©chapper Ă une lecture politique ou morale contemporaine ». Pourquoi et comment la complaisance ou lâindiffĂ©rence ont-elles pu toucher autant de lecteurs des oeuvres de Gabriel Matzneff, notamment quand les abus » relatĂ©s dans ses journaux Ă©taient plus quâassumĂ©s ? Au-delĂ de la subversion et de la transgression de ses oeuvres, lĂ©gitimĂ©es et revendiquĂ©es par lâauteur lui-mĂȘme - jusquâĂ concevoir le rejet de la pĂ©dophilie par la sociĂ©tĂ© comme le signe de sa pleine pertinence » 8 -, de sa singularitĂ© et de sa marginalitĂ© - au point quâil pouvait se positionner comme un poĂšte maudit » ou se percevoir comme un homme avec une Ă©toile jaune morale » LPY, 30 -, Gabriel Matzneff Ă©tait aussi beaucoup dĂ©fendu pour son style littĂ©raire. Depuis la publication du Consentement de Vanessa Springora, lâaccĂšs aux ouvrages de ce dernier est devenu difficile, voire parfois impossible. Cependant, la lecture de La prunelle de mes yeux nous suffit Ă partager plusieurs analyses stylistiques des livres de Matzneff faites par les auteurs de lâarticle Lire Matzneff », paru dans la revue lundimatin [L]ire Matzneff est Ă©clairant, car la platitude de son style et ses idĂ©es fixes, la rĂ©pĂ©tition circulaire dâun dĂ©sir inchangĂ©, la fascination pour lâextrĂȘme jeunesse et le refus de lâĂ©coulement du temps rendent ce dĂ©sir inchangĂ© absolument transparent et permettent de le cerner en partie. Surtout, lire Matzneff autorise Ă mieux comprendre lâ affaire Matzneff ». » Leurs arguments et analyses, repris par HĂ©lĂšne Merlin-Kajman, concernant le style matznĂ©vien » - comme lâauteur en question aime Ă le dĂ©signer - visent Ă dĂ©voiler un verbiage ampoulĂ© », mĂ©langeant aussi bien du vieil argot » et des tournures dĂ©suĂštes » que des mots ordinaires » et vulgaires, prĂ©tendument usitĂ©s pour ĂȘtre au plus proche de sa pensĂ©e, de lâinstant prĂ©sent et donc du rĂ©el. Ă cet Ă©gard, les stratĂ©gies et les effets de styles pour que le lecteur croie et adhĂšre Ă ce qui est Ă©crit sont nombreux lâexposition prĂ©cise et crue de ses relations sexuelles - "[âŠ] pour la premiĂšre fois depuis prĂšs dâun mois, elle mâa fait exploser dans sa bouche. Le jet Ă©tait si impĂ©tueux quâelle [Vanessa] nâa pas pu tout avaler et que mon sperme a inondĂ© ma poitrine, poissĂ© ses cheveux blonds [âŠ]" LPY, 245 - ; les formules rĂ©pĂ©titives Ă travers lesquelles il expose le caractĂšre exceptionnel de sa relation avec Vanessa » - je vis avec elle des moments dâextase, dâexaltation, de bonheur comme jâai le sentiment de nâen avoir jamais vĂ©cu » LPY, 100 - ; la liste et la notation excessives des noms propres, qui lui permettent dâĂ©numĂ©rer ses amis et ses soutiens - dont le plus Ă©minent est selon lui, François Mitterand - ainsi que les adolescentes avec lesquelles il a eu des relations amicales ou sexuelles ; lâinvective, les insultes et la provocation, Ă travers lesquels il tĂ©moigne ses goĂ»ts et ses dĂ©goĂ»ts, autant destinĂ©s Ă sĂ©duire des lecteurs quâĂ en Ă©carter dâautres en les choquant » 9 - avec Pascale R. en lui apprenant, hier matin lâexistence de Vanessa dans ma vie , avec Marie AgnĂšs hier aprĂšs-midi, au tĂ©lĂ©phone , avec les autres, jâai Ă©tĂ© aussi gentil que possible, mais cette gentillesse, câest que je les baise, et si je ne les baise plus, elles deviennent folles. Un homme peut bien raconter des salades Ă une femme qui lâaime sâil ne lui met pas la bite au cul, il perd son temps » LPY, 74 ; la citation, lâautocitation et les rĂ©fĂ©rences littĂ©raires et historiques pour lĂ©gitimer ses pratiques pĂ©dophiles ou la qualitĂ© littĂ©raire de ses Ă©crits - [âŠ] jâai profitĂ© de cette insomnie pour relire La Caracole. Câest vraiment Ă©patant, et parfois extraordinaire de luciditĂ© prĂ©monitoire » LPY, 29 - ; lâinsertion de certaines lettres de ses jeunes amoureuses » - dont on ne sait pas dans quelles conditions elles ont Ă©tĂ© Ă©crites - pour convaincre le lecteur de la vĂ©racitĂ© des sentiments quâĂ©prouvent les adolescentes Ă son Ă©gard et lĂ©gitimer les pratiques ainsi que les actes sexuels dĂ©crits dans ses ouvrages - nous y reviendrons. De maniĂšre gĂ©nĂ©rale, la forme et le fond de son journal La prunelle de mes yeux ne cessent de se rĂ©pĂ©ter ; tout se ressemble et tout converge vers cette volontĂ© Ă©gotique dâexposer le rĂ©el selon son unique point de vue. Il ne cesse par exemple dâinsister sur lâamour divin » et le dĂ©sir quâavaient ou quâont ses jeunes amantes pour lui - auxquelles il fait lâhonneur dâĂȘtre le grand initiateur intellectuel, spirituel et sexuel LPY, 29 - ou dâincriminer la sociĂ©tĂ© bien pensante » qui rejette lâart transgressif » qui alimente sa singularitĂ© citoyenne et littĂ©raire. Comme le souligne trĂšs justement lâarticle Lire Matzneff », de cette redondance stylistique surgit une transparence qui permet de comprendre les ressorts intimes de son dĂ©sir », de dresser un portrait psychologique et littĂ©raire » de lâauteur, mais surtout de mettre Ă jour un rapport de pouvoir » trĂšs spĂ©cifique. Bien que Gabriel Matzneff jouait parfois avec le rĂ©el et la fiction 10, il nâa cessĂ© de revendiquer que, dâune maniĂšre ou dâune autre, tout Ă©tait vrai. Son style dâĂ©criture est intimement liĂ© Ă son style dâexistence Jâai donc franchi ce cap terrible de mon demi-siĂšcle de façon trĂšs matznĂ©vienne, de la seule maniĂšre qui fĂ»t digne de moi dans les bras de ma ravissante et folle dâamour amante de quatorze ans, avec laquelle je nâai quasiment pas quittĂ© mon lit [âŠ]. » LPY, 106 Comment a-t-on pu dĂ©fendre ce qui nous parait aujourdâhui indĂ©fendable ? Comment ignorer la manipulation dâune jeune fille, devant se sentir libĂ©rĂ©e par le dĂ©sir de lâadulte », et la manipulation du lecteur, qui fixe son regard sur la supposĂ©e douceur de lâadulte et le consentement de lâenfant » 11 ? La question de lâemprise se dĂ©place vers celle de la façon dont la littĂ©rature, au-delĂ du vrai et du faux, se noue Ă la rĂ©alitĂ©. Lâoeuvre de Matzneff crĂ©e les conditions dâune irresponsabilitĂ© du lecteur » 12, Ă savoir quâils pouvaient malgrĂ© tout espĂ©rer que tout ne soit pas vrai croire en lâillusion rĂ©fĂ©rentielle ou ne pas prendre au sĂ©rieux ce qui est prĂ©sentĂ© , alors mĂȘme que lâĂ©crivain se vantait dans son journal de rabattre des adolescentes grĂące Ă sa notoriĂ©tĂ©, des adolescentes qui lui serviraient de matiĂšre pour les ouvrages suivants » 13. Il nous faut dĂ©sormais confronter le journal intime de Matzneff, La prunelle de mes yeux, et le roman autobiographique de Vanessa Springora, Le Consentement, afin de comprendre plus encore les dynamiques de pouvoir et de prĂ©dation qui ont Ă©tĂ© mises en place par lâĂ©crivain dans cette relation - pouvant ĂȘtre vue comme un exemple - et de montrer les zones dâombre du consentement totalement inoculĂ©es par Matzneff. Le consentement - Vanessa Springora La publication de Vanessa Springora a ceci dâimportant quâelle permet de complĂ©ter, de rectifier, voire de dĂ©noncer une certaine lecture des oeuvres de Gabriel Matzneff - prĂ©cisĂ©ment celle que ce dernier nous incite Ă avoir. Confronter deux oeuvres autobiographiques portant sur une pĂ©riode commune de la vie de ses deux auteurs, puisquâelles relatent toutes deux leur relation selon des points de vue diamĂ©tralement opposĂ©s, nous offre ici la possibilitĂ© dâidentifier les rapports de domination dâun auteur de cinquante ans usant de ses relatifs aura et pouvoir littĂ©raires pour asseoir ses dĂ©sirs sur ceux dâune adolescente de quatorze ans, peu enclin Ă percevoir leurs inadĂ©quations, et peu Ă peu ancrĂ© dans une dĂ©possession totale, matĂ©rialisĂ©e par son enfermement dans un personnage de toute la bonne volontĂ© du monde, un adulte reste un adulte. Et son dĂ©sir un piĂšge dans lequel il ne peut quâenfermer lâadolescent. Comment lâun et lâautre pourraient-ils ĂȘtre au mĂȘme niveau de connaissance de leurs corps, de leurs dĂ©sirs ? De plus, un adolescent vulnĂ©rable recherchera toujours lâamour avant sa satisfaction sexuelle. Et en Ă©change des marques dâaffection ou de la somme dâargent qui manque Ă sa famille auxquelles il aspire, il acceptera de devenir un objet de plaisir, renonçant ainsi pour longtemps Ă ĂȘtre sujet, acteur, et maĂźtre de sa sexualitĂ©. LC, 164 Toutes les conditions [Ă©taient] [âŠ] rĂ©unies » pour que V.» se transforme en proie » un pĂšre aux abonnĂ©s absents qui a laissĂ© dans [son] existence un vide insondable. Un goĂ»t prononcĂ© pour la lecture. Une certaine prĂ©cocitĂ© sexuelle. Et, surtout, un immense besoin dâĂȘtre regardĂ©e » LC, 35. Comme le dĂ©crit trĂšs bien Vanessa Springora elle-mĂȘme, Matzneff nâa dâautres objectifs que celui de la conquĂȘte » 14 et de la satisfaction de ses dĂ©sirs et de leur transposition dans un de ses livres. » LC, 146 DĂšs le dĂ©part, lâadolescente de quatorze ans nâenvisage pas leur premiĂšre rencontre au mĂȘme titre que lâĂ©crivain de cinquante ans. Je rĂȘvasse au privilĂšge dâavoir rencontrĂ© un homme de lettres si talentueux [âŠ] et peu Ă peu, je me transforme. [âŠ] Comment ne pas se sentir flattĂ©e quâun homme, qui plus est un homme de lettres », ait daignĂ© poser les yeux sur moi. » LC, 44 Pour elle, cet Ă©tat de rĂȘverie sâaccompagne dâune forme de libĂ©ration et de fascination euphoriques qui rĂ©pond aux dĂ©sirs et aux besoins dâune adolescente de quatorze ans, dont les livres [lui] tiennent lieu de frĂšres et soeurs, de compagnons de route, de tuteurs et dâamis. » Pour Gabriel Matzneff, cette premiĂšre rencontre est avant tout lâoccasion de conquĂ©rir une nouvelle proie » peut-ĂȘtre irai-je guetter Vanessa sur le chemin de son Ă©cole[âŠ]. » LPY, 18 - ou encore, une fois de plus, je me suis levĂ© dĂšs potron-minet et je guette Vanessa en tĂąchant dâavoir lâair le moins satyre possible. » LPY, 23 Une stratĂ©gie est donc mise en place pour traquer lâadolescente, sans lui en dĂ©voiler les rouages et les motivations premiĂšres - toutefois trĂšs claires dans son journal [âŠ] je nâai envie que dâune chose, tomber sur Vanessa, la convaincre de venir chez moi, pouvoir enfin, Ă lâabri des regards, dĂ©vorer son visage de baisers [âŠ]. » LPY, 25 En parallĂšle, lâĂ©crivain lui Ă©crit des lettres jusquâĂ deux fois par jour », auxquelles elle nâose tout dâabord pas rĂ©pondre LC, 45. Cependant, lorsquâelle mord Ă lâhameçon », ce dernier nâhĂ©site pas Ă en faire paraitre quelques extraits dans ses cahiers noirs » - son futur journal, La prunelle de mes yeux -, sĂ©lectionnĂ©s pour figer lâaccord que semble donner Vanessa » Ă ses avances, tout en dĂ©voilant un apparent dĂ©sir commun recevoir des baisers lâun de lâautre. Or, lĂ encore, il y a une diffĂ©rence, voire une confusion des langues ». Reprenant une thĂ©orie du psychanalyste SĂĄndor Ferenczi, HĂ©lĂšne Merlin-Kajman nous expose lâidĂ©e selon laquelle lâabus sexuel provient dâune confusion dans lâinterprĂ©tation que lâadulte sĂ©ducteur fait du langage de la tendresse » de lâenfant [âŠ] Lâadulte abuseur, qui, comme adulte, devait respecter cette diffĂ©rence, ne lâentend pas » 15. Dans Le Consentement, Vanessa Springora ne nie pas avoir eu du dĂ©sir, et reconnait mĂȘme quâil pourrait exister un amour vĂ©ritable entre un adulte et une adolescente - selon certaines conditions -, mais quâil ne peut pas se confondre avec celui de Gabriel Matzneff qui relevait [âŠ] dâune forme dâaddiction incontrĂŽlable » LC, 130. En rĂ©alitĂ©, le journal de Matzneff nous montre bien que le prĂ©tendu amour » quâil porte Ă Vanessa » cache un dĂ©sir pervers et Ă©goĂŻste dâassouvir ses fantasmes - si jâai supportĂ© Francesca, si je supporte Vanessa, câest Ă cause de leur trĂšs jeune Ăąge, de leur grande beautĂ© et du plaisir que celle-lĂ me donnait, que celle-ci me donne au lit » LPY, 277 - dâalimenter son journal et ses romans - je nâai ni humainement ni littĂ©rairement besoin dâune nouvelle Angiolina-Diabolina [ Matzneff associe ici Vanessa » Ă Francesca », une de ses anciennes amantes ]» LPY, 249 ; autrement dit, il a besoin dâune adolescente qui correspond Ă ses dĂ©sirs pour ĂȘtre littĂ©rairement actif - et dâafficher librement sa transgressivitĂ© et sa singularitĂ© - jâai dĂ©vorĂ© de baisers lâadorable amante dont je venais, devant trois inspecteurs, de nier lâexistence en me composant le visage le plus ahuri et naĂŻf dont je suis capable. Ah! La transgression, il nây a que ça ! » LPY, 93 Vanessa Springora nous apprend assez vite que G. » instrumentalise sa vie LC, 146 et conçoit la rĂ©alitĂ© [comme ce qui] se modĂšle sur la fiction » LPY, 302. Leur relation est dĂšs le dĂ©part instrumentalisĂ©e pour ĂȘtre enfermĂ©e dans un espace littĂ©raire qui phagocyte » la pleine conscience et subjectivitĂ© dâune adolescente. EmprisonnĂ©e par avance dans la fiction » LPY, 97, Vanessa Springora subira une dĂ©possession progressive qui commencera par la normalisation dâun interdit. Gabriel Matzneff sait pertinemment quâil commet un crime en entretenant une relation avec une adolescente de moins de quinze ans toute relation amoureuse avec un enfant de moins de quinze ans est tenue pour violence, pour un crime, puisque, selon le droit français, un mineur de cet Ăąge est privĂ© de consentement ». Cependant cette monstruositĂ© juridique ne me fait pas peur [âŠ] Nous en avons parlĂ©, Vanessa et moi. Elle aussi, elle est prĂȘte Ă se battre » LPY, 44. Cet interdit est sans cesse rĂ©pĂ©tĂ© Ă "V.", tout en Ă©tant justifiĂ© par quelques rĂ©fĂ©rences antiques ou par de grands noms de la littĂ©rature ayant eu le mĂȘme genre de relation » LC, 59-61. Il nâhĂ©site par ailleurs pas Ă se comparer aux mythes constitutifs du gĂ©nie occidental [-] PromĂ©thĂ©e, Tristan, Don Juan, Faust » LPY, 114 - ou Ă se croire au-dessus de Sartre qui aurait participĂ© Ă des manifestations dans lâespoir de se faire arrĂȘter, [alors que lui nâa ] jamais eu d'effort Ă faire⊠» LPY, 234 Cette prĂ©dation sâaccompagne, nous le disions plus haut, dâune rhĂ©torique propĂ©dophile qui vise Ă lĂ©gitimer le caractĂšre transgressif de cette relation, censĂ©e permettre Ă lâenfant dâaccĂ©der Ă lâĂ©panouissement, lâĂ©lĂ©vation et la jouissance de leurs dĂ©sirs en les libĂ©rant de toutes les rĂ©pressions de la sociĂ©tĂ© Jâaime Vanessa, son extrĂȘme jeunesse, sa beautĂ©, le plaisir qu'elle me donne. J'aime aussi son amour fou pour moi. J'aime la transgression qu'elle incarne. Jâaime la rendre heureuse. Jâaime contribuer Ă son Ă©closion intellectuelle et spirituelle. Je suis fier dâĂȘtre son amant, son Ă©crivain prĂ©fĂ©rĂ©, son compagnon. » LPY, 282 De plus, il Ă©nonce ouvertement vouloir donner une vision Ă©purĂ©e, idĂ©ale [et] mensongĂšre » LPY, 50 de sa personne Ă ses amantes dans le but de les rendre heureuses », alors quâil sâagit tout simplement dâune manipulation. Entendons par lĂ que leur jalousie, leur crise dâhystĂ©rie » ou toute autre forme de rejet de ce qui conviendrait Ă Matzneff les transformerait en ratiocineuse, en fĂ©ministe ou tout simplement en femme sa jalousie mâĂ©puise, son fĂ©minisme mâemmerde, son cĂŽtĂ© ratiocineuse mâexaspĂšre. Si elle avait vingt ans, jâaurai rompu depuis longtemps. Elle en a quinze, je tiens le coup ; mais je dois ĂȘtre continuellement sur mes gardes » 16. Tout nâest que fiction ; ou du moins, la rĂ©alitĂ© est entiĂšrement destinĂ©e au rĂ©cit littĂ©raire et mĂȘme par avance façonnĂ©e par lui » 17. Matzneff incite en premier lieu ses victimes Ă inscrire scripturalement leur consentement » sur des lettres souvent destinĂ©es Ă un usage littĂ©raire ». Ces Ă©changes Ă©pistolaires constituent Ă la fois un alibi et un contenu pour alimenter ses romans et ses journaux intimes. Dans La prunelle de mes yeux, nombreux sont les passages oĂč il est clairement indiquĂ© que certaines lettres de sa ravissante Ă©coliĂšre de quatorze ans », seront incorporĂ©es dans son roman expliquer Ă Vanessa quâelle sera prĂ©sente Ă chaque page de mon roman, que Harrison Plaza sera notre histoire, notre amour et quâelle doit mâaider Ă Ă©crire ce livre, mây encourager » LPY, 172. G. lâamoureux des adolescents se double de lâĂ©crivain, lâautoritĂ©, lâemprise psychologique dont il jouit suffisent Ă conduire sa nymphette du moment Ă affirmer par Ă©crit quâelle est comblĂ©e. [âŠ] [L]âadolescente se donne alors pour mission de rassurer G. sur le plaisir quâil lui donne, de sorte quâen cas de descente de police, son consentement ne fait aucun doute. LC, 91Si nous reprenons la phrase citĂ©e plus haut dans laquelle Matzneff associe Vanessa Springora Ă lâune de ses autres victimes, Franscesca Glee, - je nâai ni humainement ni littĂ©rairement besoin dâune nouvelle Angiolina-Diabolina » -, il est clair que lâĂ©crivain enferme ses amante[s]-enfant » et leur relation dans ses ouvrages selon son propre et unique point de vue. Vanessa » ne lâaide Ă Ă©crire son roman que dans la mesure oĂč celle-ci correspond, au moins pour un certain temps, Ă ce quâil en attend littĂ©rairement. Cette dĂ©possession se fait donc par et pour la littĂ©rature, telle que lâenvisage Matzneff. La fiction façonne le rĂ©el, et non lâinverse. Il est Ă ce propos intĂ©ressant de voir son journal sâouvrir sur un extrait de son roman Harrison Plaza et se finir avec la phrase suivante ce roman aurait dĂ» ĂȘtre le couronnement de notre amour. Il en Ă©tait le mausolĂ©e » LPY, 339 . Le rĂ©el est dâavance prise au piĂšge par les dĂ©sirs Ă©goĂŻstes dâun Ă©crivain lui-mĂȘme condamner Ă la prison des mots, la prison de papier dont [il] ne pourrai[t] [s]âĂ©vader » LPY, 79. Sa vie, autant que celle de ses victimes, est un rĂ©cit quâil est le seul Ă pouvoir contrĂŽler, puisquâelles sont nĂ©cessairement destinĂ©es Ă ĂȘtre figĂ©es dans ses oeuvres, sans que ces derniĂšres aient leur mot Ă dire [âŠ] G. ne sâintĂ©ressera Ă mon journal, ne mâencouragera pas Ă Ă©crire, ne mâincitera Ă trouver ma voie. LâĂ©crivain, c'est lui. » LC, 84 Un monde immuable oĂč la rĂ©pĂ©tition, les idĂ©es fixes, la persistance des sentiments, voire des ressentiments, et de son ĂȘtre ne permettent aucun autre changement que celui quâaccorde Matzneff lui-mĂȘme. Il contrĂŽle tous les aspects de [leur] existence » LC, 119. Lorsque ses enfants chĂ©ries » cessent dâĂȘtre sous lâemprise de ce systĂšme ou quâelles fuient ce monde-selon-Matzneff », lorsquâune personnalitĂ© naissante tente de sâaffirmer » 18, elles ne tarderont pas Ă ĂȘtre incriminĂ©es dâavoir instaurĂ©es ce sentiment cyanure qui tue et dĂ©vore lâobjet de [leur] amour. » Matzneff nâhĂ©site pas Ă se reprĂ©senter comme la victime dâamantes hystĂ©riques qui nâont absolument pas conscience de la beautĂ© de [leur] amour » LPY, 338. Aussi, il refuse catĂ©goriquement dâĂȘtre confrontĂ© Ă la rĂ©alitĂ© selon elle [ la mĂšre de Marie-Elisabeth, une autre victime de Matzneff ], cet amour, adolescente, avec un homme tel que moi lâaurait perturbĂ©e ». Ce nâest pas en aimant Marie-Elisabeth que je lâai perturbĂ©e », chĂšre madame, mais en mâĂ©loignant dâelle, huit ans plus tard. Une fois de plus, la mĂšre a tout faux. » LPY, 237 En figeant ses relations dans ses oeuvres, en sĂ©lectionnant les lettres de ses amantes ou en dĂ©formant la rĂ©alitĂ©, Gabriel Matzneff dĂ©sire lutter contre le passage du temps et lâoubli. Il fait d'ailleurs preuve dâune incomprĂ©hension maladive de lâoubli de la part de ses anciennes amantes au sujet de leur relation jâai le coeur outrĂ© de rage. Si atroces que soient les phrases que jâai Ă©crites sur lâaptitude des femmes Ă gratter le passĂ©, Ă tourner la page, elles sont encore au-dessous de la rĂ©alitĂ©. » 19 Que ce soit le dĂ©but ou la fin dâune relation, il la tourne toujours Ă son avantage grĂące Ă la littĂ©rature et Ă sa notoriĂ©tĂ© qui lui permettront, jusquâĂ la publication de Vanessa Springora, dâassoir son pouvoir dâĂ©crire lâautre selon ses propres critĂšres vous pouvez tourner la page ; mais la page tournĂ©e demeure une page Ă©crite, et Ă©crite pour lâĂ©ternitĂ©. » LPY, 268 Ce pouvoir asymĂ©trique, coercitif et littĂ©raire, cette dĂ©possession de soi et fictionnalisation de lâĂȘtre, Vanessa Springora en donnera une autre tournure pour ses lecteurs, ce ne sont que des mots, de la littĂ©rature. Pour moi, câest le dĂ©but dâun effondrement. » LC, 135 Il aura fallu plusieurs dĂ©cennies Ă cette adolescente, devenue Ă©ditrice, pour faire entendre sa version de sa relation avec Gabriel Matzneff. Prendre le chasseur Ă son propre piĂšge » LC, 10 en lâenfermant dans un livre, câest retrouver sa subjectivitĂ© et son histoire en prenant le pas sur la fiction dans laquelle lâĂ©crivain lâavait enfermĂ©e dans ce journal, il a transformĂ© notre histoire en fiction parfaite [âŠ], fiction Ă©crite, mais jamais vĂ©cue » LC, 168. La force du Consentement est dâinstituer un point de vue jusquâalors niĂ©, en dĂ©voilant les rouages dâune prĂ©dation et dâune domination perverses et destructrices dâun Ă©crivain, usant de sa relative notoriĂ©tĂ© pour assouvir son dĂ©sir dâĂ©crire et de jouir. La notion de consentement » est donc interrogĂ©e du point de vue de la victime et nous offre la possibilitĂ© de comprendre lâimportance dâune telle publication.[âŠ] [C]omment admettre quâon a Ă©tĂ© abusĂ©, quand on ne peut nier avoir Ă©tĂ© consentant ? Quand en lâoccurence, on a ressenti du dĂ©sir pour cet adulte qui sâest empressĂ© dâen profiter ? Ă plusieurs reprises, nous avons implicitement montrĂ© que la notion de consentement ne pouvait ĂȘtre prise en son sens le plus commun. Rappelons que les faits sont dĂ©sormais prescrits, puisquâils remontent Ă plus de trente ans. Si le droit ne peut plus reconnaitre ce tort, est-ce que la littĂ©rature peut alors apporter une rĂ©paration ? En quoi peut-elle accueillir de telles souffrances ? Est-elle lĂ©gitime Ă se prononcer sur - et Ă Ă©difier - des statuts normalement Ă©tablis juridiquement ? Quâapporte-t-elle de plus ? Si nous reprenons la grammaire du consentement », exposĂ©e par JĂ©rĂŽme David, lors du sĂ©minaire dâautomne 2020, Vertiges du consentement », nous nous apercevons que Vanessa Springora Ă©tait consentante, mais selon des modalitĂ©s bien spĂ©cifiques qui nâenlĂšvent rien au caractĂšre criminel de Gabriel Matzneff. Quand plus tard, des thĂ©rapeutes en tout genre sâĂ©chineront Ă mâexpliquer que jâai Ă©tĂ© victime dâun prĂ©dateur sexuel [âŠ] il me semblera que ce n'est pas non plus la voie du milieu ». Que ce nâest pas tout Ă fait juste. Je nâen ai pas encore fini avec lâambivalence. LC, 113 Cette ambivalence » ne peut pas ĂȘtre prise en charge par le droit, mais bien par la littĂ©rature. Le traumatisme subi par Vanessa Springora lui a demandĂ© plusieurs annĂ©es pour le penser, lâapprivoiser et le mettre en mots. Il lui aura Ă©galement fallu du courage pour affronter les Ă©ventuelles rĂ©actions dâ anciens soixante-huitards », de la part de[s] admirateurs [de Matzneff] », de tous les pourfendeurs du retour de lâordre moral » LC, 202, etc. Ce temps nâest pas admis par le droit qui aurait par ailleurs pu ne pas la reconnaĂźtre comme victime, si prescription il nâ y avait pas eu. La littĂ©rature offre une possibilitĂ© idĂ©ale pour reconnaitre et entendre la voix dâune victime. Câest bien ce terme qui est dĂ©sormais reconnu, car en publiant ce livre, la littĂ©rature permet Ă son auteure de se considĂ©rer et dâĂȘtre considĂ©rĂ©e en tant que telle. La littĂ©rature devient le lieu dâun retour sur soi et d'une recomposition de soi. Le geste hermĂ©neutique employĂ© par Vanessa Springora Ă travers lâĂ©criture donne accĂšs Ă une mĂ©moration dâexpĂ©riences qui nâont pas pu donner lieu Ă des reprĂ©sentations ou Ă des contenus conscientisĂ©s par une adolescente de quatorze ans. Nous lâavons vu ce Ă quoi consent V. » est ambivalent, et fait lâobjet dâun malentendu. Ce que Gabriel Matzneff propose peut ĂȘtre interprĂ©tĂ© autrement par une adolescente qui nâa certainement pas les ressources suffisantes pour dĂ©jouer les rĂ©elles intentions du pĂ©docriminel. Si le je » narrĂ© -lâadolescente de quatorze ans - est incapable de mesurer a priori, comme a posteriori, les consĂ©quences de ses actes - ou plutĂŽt ceux auxquels Matzneff pousse lâadolescente Ă consentir -, il est Ă©galement incapable de refuser les avances de Matzneff, jusquâĂ ce quâil se rende compte des mĂ©canismes de prĂ©dation dans lesquels il se retrouvait piĂ©gĂ©. Le je » narrant a dĂ©sormais conscience des effets de cette prĂ©dation sur le corps du je » narrĂ©. Le rhumatisme articulaire aigu [ de V. ], dĂ» Ă une infection par un streptocoque » LC, 68 a Ă©tĂ© interprĂ©tĂ© par Vanessa comme le signe dâune rĂ©ticence aux demandes sexuelles de Gabriel Matzneff. Notons dâailleurs quâil indique dans son journal lâavis dâun mĂ©decin qui allait dans ce sens Quel con ce psy ! La maladie de Vanessa est soit inflammatoire, soit infectieuse, mais assurĂ©ment ni hystĂ©rique ni psychosomatique ! DĂ©jĂ , par tempĂ©rament, je nâai jamais Ă©tĂ© un paroissien du docteur Freud, mais cette connerie perfide oui, perfide, car elle sous-entend que câest le perturbateur Matzneff qui est responsable de la pĂ©riarthrite de Vanessa achĂšve de me dĂ©gouter des pĂątisseries viennoises. » LPY, 76 Ce dernier fait preuve dâun dĂ©ni total et dâun aveuglement Ă©goĂŻste quant aux dĂ©sirs et rĂ©ticences - parfois clairement exprimĂ©s - de ses [ Vanessa ] nâavait plus ses rĂšgles depuis hier soir, mais, alors que jâĂ©tais en position de la dĂ©virginiser par la voie vulgaire, elle sâest redressĂ©e avec un petit cri et mâa lancĂ©e - Demain, sâil te plait. - Pourquoi demain ? - Parce que je ne me suis pas prĂ©parĂ©e psychologiquement. Une fois de plus donc, je lâai baisĂ©e comme un petit garçon, mon adorable petite vierge. LPY, 95 Gabriel Matzneff va inculquer Ă Vanessa » une culture trĂšs orientĂ©e, libertine et asociale. Les stratĂ©gies quâil met en place - en partie abordĂ©es ci-dessus - visent Ă pousser lâadolescente et lâensemble de ses victimes Ă consentir aux sĂ©vices quâelles subissent. Si lâadolescente Ă©tait effectivement consentante, nous avons voulu montrer quâelle ne lâĂ©tait pas de maniĂšre libre ni de façon entiĂšrement Ă©clairĂ©e, car elle sâest retrouvĂ©e formĂ©e et enfermĂ©e par et dans le monde dâun Ă©phĂ©bophile » LC, 198 Ă©gotique et dominateur. Le roman autobiographique de Vanessa Springora permet ainsi dâexprimer et de donner un contenu Ă une expĂ©rience, une souffrance et un traumatisme qui attendait dâĂȘtre rĂŽle de bienfaiteur quâaime Ă se donner G. dans ses livres consiste en une initiation des jeunes personnes aux joies du sexe par un professionnel, un spĂ©cialiste Ă©mĂ©rite, bref osons le mot, par un expert. En rĂ©alitĂ©, cet exceptionnel talent se borne Ă ne pas faire souffrir sa partenaire. Et lorsquâil nây [163] a ni souffrance ni contrainte, câest bien connu, il nây a pas viol. Toute la difficultĂ© de lâentreprise consiste Ă respecter cette rĂšgle dâor, sans jamais y dĂ©roger. Une violence physique laisse un souvenir contre lequel se rĂ©volter. Câest atroce, mais solide. Lâabus sexuel, au contraire, se prĂ©sente de façon insidieuse et dĂ©tournĂ©e, sans quâon en ait clairement conscience. LC, 162-163 Vanessa springora Pour conclure, nous aimerions tirer les consĂ©quences littĂ©raires, politiques et morales de cette affaire Matzneff », et plus prĂ©cisĂ©ment de lâanalyse que nous avons proposĂ©e de ces deux oeuvres. Avec lâĂ©criture et la publication du Consentement, Vanessa Springora a pu redevenir le sujet de [sa] propre histoire » LC, 202 tout en exerçant une certaine forme dâagentivitĂ©, entendue comme la capacitĂ© dâagir de façon autonome, dâinfluer sur la construction de sa propre subjectivitĂ© et sur sa place et sa reprĂ©sentation dans lâordre social » 20. LâĂ©criture du Consentement est une Ă©criture qui agit et qui accomplit certains actes. Que ce soit pour sonder et interprĂ©ter lâexpĂ©rience du trauma, instituer le point de vue dâune victime jusquâalors mis de cĂŽtĂ©, voire totalement niĂ©, ou pallier aux impossibles rĂ©paration et reconnaissance du droit par la littĂ©rature, Vanessa Springora met en place une Ă©criture dotĂ©e dâune dimension performative qui se dĂ©ploie sur le plan Ă©thique. » 21 Pour mieux se replacer dans lâĂ©tat dâesprit de lâadolescente quâelle Ă©tait, lâauteure choisit dâutiliser le prĂ©sent de narration et la premiĂšre personne du singulier. Ce choix Ă©nonciatif permet dâancrer le texte dans le temps de lâinterprĂ©tation, de lâĂ©criture et du vĂ©cu. Le je » narrant intervient Ă la fois dans le processus dâĂ©criture et dans le geste hermĂ©neutique qui permet de faire retour sur lâexpĂ©rience du je » narrĂ©. Le prĂ©sent de narration vient ajouter une vĂ©ritĂ© non prise en compte dans les oeuvres de Gabriel Matzneff, interprĂ©ter et actualiser un temps de la souffrance quâil sâagit dâinscrire dans un livre, afin dâengager le lecteur a prendre position et Ă reconnaitre les crimes dâun pĂ©docriminel et le statut de victime de lâauteure. De plus, lâemploi du je » permet dâemmener le lecteur au plus proche du vĂ©cu. Soutenu par une Ă©criture sobre - une Ă©criture plate » -, il semble y avoir un projet littĂ©raire visant prĂ©cisĂ©ment Ă ne pas se cacher derriĂšre une certaine fonction esthĂ©tique de la littĂ©rature, avec laquelle Matzneff et ses partisans se sont protĂ©gĂ©s. Cet ethos dĂ©mocratique vise sans nul doute Ă rouvrir une zone de partage - inexistante chez Matzneff - dans laquelle le lecteur pourrait partager lâexpĂ©rience de lâauteure. Sans ĂȘtre complĂštement un je » transpersonnel au sens ernausien, le je » narrĂ© de Vanessa Springora dĂ©tient une valeur collective qui dĂ©passe la singularitĂ© de lâexpĂ©rience pour donner la possibilitĂ© aux lecteurs de sâapproprier le texte, de se poser des questions ou de se libĂ©rer » 22, mais aussi de dĂ©voiler des vĂ©ritĂ©s qui ne sont simplement pas de lâordre individuel. La traduction de lâexpĂ©rience personnelle dans un langage romanesque transforme peu ou prou le moi » singulier en hĂ©ros, en type, en symbole, en mĂ©taphore. » 23 Ă ce titre, lâusage des initiales G. » ou V. », pour dĂ©signer le prĂ©dateur et sa victime, est rĂ©parateur dâun usage excessif des noms et de lâomniprĂ©sence des adolescentes dans lâoeuvre de Matzneff. Cet anonymat - Ă demi voilĂ© - donne une forme objective et gĂ©nĂ©ralisable Ă cette expĂ©rience individuelle. Dans le Consentement, il est dâailleurs possible de voir lâĂ©mergence dâun nous » en devenir. Lorsque Vanessa Springora rencontre une autre victime de Gabriel Matzneff, Nathalie », elles partagent le souvenir douloureux » LC, 197 de leurs expĂ©riences avec lâ qui nous lie, nous rapproche, au fond ? Un besoin dĂ©bordant de nous confier Ă quelquâun qui puisse nous comprendre. Et cela me soulage, en effet, moi aussi, de me dĂ©couvrir solidaire dâune fille qui, quelques annĂ©es auparavant, nâaurait Ă©tĂ© quâune rivale parmi tant dâautres. LC, 197 Comment sâen sortent [âŠ] toutes ces filles quâil Ă©crit dans ses livres ? Quelquâun a-t-il pensĂ© Ă elles ? » LC, 109 Dâune certaine façon, Vanessa Springora devient la voix de toutes ces victimes. Comme le prĂ©cise HĂ©lĂšne Merlin Kajman, le Consentement vient dĂ©livrer la narratrice - et lâensemble des victimes de Matzneff - sur le mĂȘme terrain [âŠ] oĂč elle avait Ă©tĂ© emprisonnĂ©e. » 24 Rappelons quâen 2004, Francesca Glee, ancienne victime de Gabriel Matzneff, qui a par ailleurs figĂ© leur relation dans son roman Ivre du vin perdu, et son journal Passion Francesca, avait tentĂ© de faire entendre son point de vue sur sa relation avec lâĂ©crivain. Fort dâun rĂ©seau dâamis et de soutiens occupants des siĂšges importants dans plusieurs maisons dâĂ©dition, Gabriel Matzneff nâa pas eu Ă se soucier de la sortie dâun tel ouvrage, puisquâaucune dâentre elles nâa acceptĂ© de le publier. Deux Ă©ditrices de Grasset et Bayard ont pourtant Ă©tĂ© Ă©mues par son tĂ©moignage, mais soit le monde nâĂ©tait pas prĂšs » Ă le recevoir, apparaissant quinze ans trop tĂŽt », soit des membres du comitĂ© de lâune de ses maisons dâĂ©dition Ă©taient des proches de Matzneff 25. Sans nul doute, lâĂšre de Metoo a facilitĂ© la publication salvatrice du Consentement qui dĂ©ploie de façon littĂ©raire, un tort littĂ©raire, le tort causĂ© par la reconnaissance publique de lâoeuvre de Matzneff. Il sâagit dâun diffĂ©rend, et le diffĂ©rend ne se rĂšgle pas sur un mĂȘme » terrain, il ne se rĂšgle pas du tout ailleurs il requiert quâon lui trouve un idiome, nous dit Lyotard. » 26 Contrairement Ă Gabriel Matzneff, Vanessa Springora rĂ©instaure une fonction essentielle de la littĂ©rature au lieu de la manipulation du lecteur, et sa soumission Ă la rĂ©alitĂ©, le Consentement remet en place la reprĂ©sentation, le mouvement dâidentification-dĂ©sidentification » 27 et lâespace transitionnel de la littĂ©rature. Cette publication permet donc de rĂ©orienter la lecture des textes de Matzneff et dâouvrir nos rĂ©flexions sur de multiples notions telles que le consentement, le pouvoir, la prĂ©dation ou la littĂ©rature. Il nous invite Ă©galement Ă Ă©largir nos reprĂ©sentations et Ă lutter contre lâidĂ©e que la littĂ©rature est faite pour ĂȘtre prise Ă la lettre ». 28Notes 1 MATZNEFF, Gabriel, La Prunelle de mes yeux LPY, Paris, ed. Gallimard, 1993.2 SPRINGORA, Vanessa, Le Consentement LC, Paris, ed. Grasset, 2020.3 VERDRAGER, Pierre, Lâenfant interdit comment la pĂ©dophilie est devenue scandaleuse, Paris, ed. Armand Colin, 2020, pp. 69-106.4 WAJEMAN, Lise, Pourquoi Mazneff a Ă©tĂ© si mal lu », Mediapart, article publiĂ© le 12 fĂ©vrier 2020. URL [ consultĂ© le 10 dĂ©cembre 2020 ]5 VERDRAGER, Pierre, p. 99.6 Ibid, p. 106.7 MERLIN-KAJMAN, HĂ©lĂšne, La LittĂ©rature Ă lâheure de Metoo, Paris, ed. Ithaque, coll. Theoria incognita, 2020.8 VAUDRAGER, Pierre, op. cit., p. 69.9 MERLIN-KAJMAN, HĂ©lĂšne, La LittĂ©rature Ă lâheure de Metoo, p. 102.10 Lâinsertion de lettres Ă©crites par ses amantes dans ses romans en est le meilleur exemple Jâai incorporĂ© le texte intĂ©gral de cette lettre au chapitre IX de Harrison Plaza », La Prunelle de mes yeux, p. 100.11 Lire Matzneff », lundimatin, article publiĂ© le 13 avril 2020. URL MERLIN-KAJMAN, HĂ©lĂšne, op. cit., p. 97.13 Lire Matzneff », op. cit. .14 ConquĂ©rir Vanessa ? Jâen ai terriblement envie, mais câest presque sans espoir », La prunelle de mes yeux, p. 15.15 MERLIN-KAJMAN, HĂ©lĂšne, op. cit., p. 123.16 MATZNEFF, Gabriel, op. cit., p. 285. Propos concernant Vanessa » Ă la fin de leur relation. 17 MERLIN KAJMAN, HĂ©lĂšne, p. 97.18 Lire Matzneff », op. cit., URL 19 MATZNEFF, Gabriel, op. cit,, p. 145 - Ajoutons Ă©galement ceci Jâai achetĂ© des classeurs suspendus pour lâarmoire de fer, et jâai commencĂ© Ă y ranger les lettres de mes ex-amantes. Chacune dâelles aura son classeur et une Ă©tiquette portant son nom », p. 64.20 FORT, Pierre-Louis, HOUDART-MEROT, Violaine, Annie Ernaux Un engagement dâĂ©criture, Paris, ed. Presses Sorbonne Nouvelle, 2015, p. 81.21 Ibid, p. 88.22 ERNAUX, Annie, LâĂ©criture comme un couteau, Paris, ed. Gallimard, 2011, p. 74.23 GASPARINI, Philippe, Est-il je ?, Paris, ed. Seuil, 2004, p. 336.24 MERLIN KAJMAN, HĂ©lĂšne, op. cit., p. 135.25 DaphnĂ© AnglĂšs et Constant MĂ©heut, Longtemps contrainte au silence, la victime dâun Ă©crivain pĂ©dophile tĂ©moigne enfin », The New York Times, article publiĂ© le 31 mars 2020. URL 26 MERLIN KAJMAN, HĂ©lĂšne, op. cit., p. 135.27 Ibid, p. 160.28 Ibid, p. 16.
je cache mes yeux je montre mes yeux paroles